Rémunération

Salaire net d'un kiné libéral : tout comprendre en 2 minutes

Introduction

A contrario d’un salarié qui chaque mois perçoit la même somme sur son compte en banque, le kiné libéral a un fonctionnement différent. En effet, il encaisse un chiffre d’affaires.

Et entre ce chiffre d’affaires et ce qu’il peut se verser dans le cadre de sa rémunération, il y a beaucoup d’étapes. 

Pour simplifier, on calcule le reste à vivre en partant du chiffre d’affaire duquel on retire : 

  • les charges professionnelles (les frais de fonctionnement)

  • les cotisations URSSAF

  • les cotisations CARPIMKO

  • l’impôt sur le revenu

Résultat : un chiffre d’affaires élevé ne veut pas forcément dire un revenu élevé.

Le revenu moyen d’un kiné libéral en france

D’après l’UNASA, un kiné libéral génère en moyenne 85 000€ de chiffre d’affaires annuel (soit 7 083€ /mois) pour environ 40 701€ de bénéfice avant impôt (soit 3 391€/mois).

Mais attention à la moyenne. La médiane est plus basse : environ 2 613€/mois avant impôt.

Autrement dit : 1 kiné sur 2 gagne moins que ça.

Passer du chiffres d’affaire au revenu net

Pour comprendre ce qu’il reste réellement, il faut retirer du chiffre d’affaire 4 postes de dépenses différents :

1. Les charges professionnelles

Ce sont les dépenses nécessaires pour faire fonctionner l’activité. 

Il y a les charges récurrentes (celles qui reviennent chaque mois) : 

  • La rétrocession / loyer du cabinet

  • Les assurances : mutuelle, prevoyance, RCP

  • Les logiciels type doctolib, Vega 

  • Le téléphone

  • Internet

Et les charges ponctuelles : 

  • Les frais de repas

  • Les consommables (crème, papier …)

  • Les formations

  • Le matériel 

  • Les frais de comptabilité 

Cela représente souvent entre 15 et 25% du CA.

Pour un kiné qui fait 80 000€ de CA, les charges sont d’environ 14 000 à 18 000€ par an.

2. Les cotisations Urssaf

Chaque entreprise indépendante doit etre affiliée à l’Urssaf. C’est obligatoire. 

Ainsi, les cotisations couvrent divers postes tels que :

  • La contribution sociale généralisée (CSG) 

  • La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS)

  • Les allocations familiales

  • Les indemnités journalières

  • La contribution à la formation professionnelle

  • L’assurance maladie-maternité

  • La contribution aux unions régionales des professionnels de santé (CURPS)

Ces cotisations sont calculées sur votre bénéfice, c’est-à dire votre chiffre d’affaires diminué de  vos charges professionnelles. 

💡 Bonne nouvelle : la CPAM prend en charge une partie de ces cotisations maladie pour les revenus issus d’une activité conventionnée, ce qui est la majorité du temps le cas en tant que kiné libéral.

Malgré cela, l’URSSAF représente entre 7 et 10% du chiffre d’affaires et atteint souvent plusieurs milliers d’euros par an.

3. Les cotisations Carpimko

Vous cotisez également à la Carpimko qui est la caisse de retraite des paramédicaux libéraux. Ces cotisations vous permettront notamment de vous assurer un revenu à la retraite. 

La Carpimko comprend les postes de cotisations suivants :

  • La retraite de base

  • La retraite complémentaire

  • L’invalidité-décès

  • L’allocation de solidarité vieillesse (ASV)

Les cotisations CARPIMKO tournent généralement autour de 8 à 12% du CA annuel.

Combiné à celles de l’Urssaf, le montant des cotisations sociales représente 15 à 22% du chiffre d’affaires. Autrement dit, pour un kiné réalisant 80 000 de CA, les montants varient entre 12 000 et 18 000 euros. 

⚠️ En début d’activité, les cotisations sociales sont forfaitaires car l’administration ne connaît pas les chiffres réels de l’activité. Une fois déclarés, l’Urssaf et la Carpimko vont calculer les cotisations réelles pour ajuster le montant versé : les fameuses régularisations.

👉Anticiper ses cotisations en tant que néo diplomé ou en début d’activité.

👉Comprendre calculer sa régularisation Urssaf en tant que kiné

4. L’impôt sur les revenus 

Une fois les charges professionnelles et les cotisations sociales déduites de votre CA, il vous reste à payer l’impôt sur les revenus. 

Pour un kiné libéral, la tranche marginale d’imposition atteint souvent les 30%. Ce qui représente plusieurs milliers d’euros. 

Une fois l’impôt sur les revenus payé, vous obtenez enfin votre vraie rémunération (🎉).

Il est donc nécessaire de connaître l’ensemble des chiffres cités précédemment pour réaliser les calculs. Ainsi, c’est seulement à la fin de l’année qu’il est possible de déterminer la rémunération avec précision.

Exemple concret

Thomas est kiné libéral, et réalise un chiffre d’affaires annuel de 80 000€.

Mais ce pourcentage varie fortement selon la situation. Cela peut aller de 30% à 65%. Analyser son activité pour anticiper au mieux sa gestion financière est donc une nécessité.

Pourquoi beaucoup de kinés se font surprendre

Le vrai piège en libéral, ce sont les régularisations sociales.

En effet, les cotisations Urssaf et Carpimko payées sur une année,  sont calculées sur la base du bénéfice réalisé l’année passée. Une fois que vous aurez déclaré vos chiffres de l’année en cours, l’administration recalculera le montant réel et ajustera les versements.

Concrètement, si le bénéfice augmente d’une année sur l’autre, l’administration calculera une régularisation positive et les cotisations vont augmenter. Si le bénéfice diminue, ce sera l’inverse. 

Ces régularisations peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, surtout les premières années.

Il est donc fondamental de provisionner les montants réels pour éviter une mauvaise surprise car c’est là que des problèmes de trésorerie peuvent arriver.

Ce qui fait varier le revenu d’un kiné

Deux kinés avec le même chiffre d’affaire peuvent avoir des revenus très différents.

Les principaux facteurs :

  • Le niveau de charges : si les frais sont plus ou moins importants.

  • Le mode d’exercice (titulaire, assistant, remplaçant)

  • La zone géographique 

  • Le volume d’activité

  • Le régime fiscal choisi

  • Les optimisations du bénéfice

  • La qualité du pilotage financier

Zoom sur la zone géographique 

La zone d’exercice peut ouvrir des avantages fiscaux significatifs. 

En ZRR (zone de revitalisation rurale) ou en ZFU (zone franche urbaine), il est possible de bénéficier d’une exonération partielle ou totale de son bénéfice imposable pendant plusieurs années. 

Les kinés exerçant en DOM-TOM profitent également d’abattements fiscaux spécifiques pouvant aller jusqu’à 40 % de réduction d’impôt selon le département. 

Zoom sur le régime fiscal 

Micro-BNC ou régime réel (déclaration contrôlée), le choix du régime fiscal peut grandement impacter votre imposition. 

👉Pour faire votre choix, découvrez notre guide Micro-BNC ou régime réel : que choisir ?

Le résumé en 1 coup d’oeil

  • Le chiffre d’affaires ne correspond pas au revenu.

  • Entre les charges, les cotisations sociales, et l’impôt sur les revenus, un kiné libéral conserve souvent moins de 50% du chiffre d’affaires. 

  • Le plus important n’est donc pas seulement de “faire du chiffre”. C’est surtout de :

    • Comprendre ce qu’il reste réellement

    • Anticiper les cotisations

    • Piloter sa trésorerie

Parce qu’un bon revenu en libéral ne dépend pas uniquement de votre activité, mais surtout de la gestion de cette dernière.

Pour aller plus loin

👉 Anticiper ses cotisations en tant que néo-diplômé ou en début d’activité

👉 Comment calculer sa régularisation d’URSSAF en tant que kiné ?

👉 Micro-BNC ou régime réel kiné : que choisir ?

👉 Savoir combien se verser et laisser de coté : le guide complet du kiné libéral

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